Il est 7h20 du matin. Pour vous, c'est Pâques, et je dois me lever dans deux heures. Cette nuit est
comme les précédentes depuis une semaine, j'écris beaucoup, je jette plus encore parce que certaines idées n'atteignent même pas mes feuilles.
Sans but, pas de cohérence. Une ligne directrice, mais qui ne doit plus diriger. Plus j'ai de choses à faire, plus j'ai de projets en tête, plus les urgences s'accumulent, et moins je dors. Pas
pour travailler, non, j'échange juste un temps de sommeil réparateur et si nécessaire contre une pauvre masturbation mentale inutile.
Avant je ne croyais même pas que cela puisse m'arriver. Maintenant que c'est passé, maintenant que je l'ai ratée, je me retrouve forcé de croire que cette chose si rare puisse se reproduire. Mais
banaliser l'exceptionnel, c'est le rendre fade... La logique voudrait au contraire que j'accepte cette perte comme définitive, pour en conserver la Beauté.
Ce n'était peut-être pas elle finalement. Je sais par contre que c'était moi. Si la raison est la seconde, alors je gâcherai même les éventuelles prochaines chances qui se présenteraient si je ne
change pas. Quelle ironie, que moi j'en sois réduit à devoir "espérer", de base c'est ridicule, mais quand en plus ça défie mon intellect, cela en devient pathétique.
Pourtant je n'ai pas le choix. Je veux me dire qu'il y a autre chose. Je patiente, reclus, à attendre que la suite me prouve que j'avais tort. Cryogénisés à leur naissance, ces glaçons qui me
tiennent debout n'ont pour récompense qu'un réchauffement climatique incontrôlé qui ne les fait fondre que plus vite.
Pour la liquéfaction, j'ai déjà donné, et pas forcément à des endroits méritants. Ma seule option restante est la sublimation, et le temps son ennemi.
Vous êtes heureux, vous ? Là tout de suite, vous souriez ? Il faut, c'est important. Nous aurons bien assez de temps ensuite pour nous lamenter, d'autant que le printemps
commence et avec lui son cortège de mongoliens épars qui nous crachent leur joie au visage.
Super Green m'avait contaminé avec une MBT
(maladie bloguesquement transmissible) il y a un bon moment, le dernier jour de février je crois. Je vais prendre ici le temps de lui répondre.
1) Je mens avec une facilité déconcertante. Pas pour les choses importantes, ni aux gens
que je respecte parce qu'il me reste un fond de souci d'honnêteté et de confiance. Mais aussi bien par jeu, pour tester, que pour toutes les situations où cela évite de longues et inefficaces
explications, je prends des raccourcis. C'est certainement un vieux reste d'éducation catholique qui veut ça, après tout Dieu est déjà au courant puisque je vois tout, donc les
autres...
2) Dans le droit fil du premier point, et comme l'illustre l'animation en quatre cases statiques en bas de
page, je me contrefous totalement de l'avis des autres. Pas simplement lorsque je suis d'opinion contraire ou lorsque ça ne m'arrange pas, non, même si les gens sont d'accord
avec moi ; je m'en fiche. Parfois même cela m'ennuie, lorsque trop de gnous partagent mon avis. Je ne dois pas être si généreux finalement.
3) Attention, un aveu encore plus fou et inédit que les précédents : je suis complètement
obsédé ! Hahaha. Une sorte de quête (qui a lu quéquette ?) permanente de la Beauté, sous toutes ses formes, littéraire, architecturale, morale, culinaire, sentimentale,
photographique, esthétique. Bien évidemment comme je m'adapte toujours à mon environnement, souvent vous ne me voyez réagir qu'à des détails physiques, héhé, mais je vous assure que je peux baver
autant devant un poème que devant un moelleux au chocolat ou un corps de Femme. Avec juste une framboise fraîche sur le dessus, et un nappage de crème anglaise, pour le moelleux. Oh, et puis
tiens, pour la femme aussi. ^^
4) Je suis pédophile. Enfin, pas comme Arnaud, là c'est franchement dégueulasse. Mais j'aime les enfants,
et un jour il m'en faudra des vrais à moi, pas ces mioches temporaires dans lesquels on investit à perte. S'occuper des gosses des autres, c'est comme louer un appartement au lieu de l'acheter et
rembourser l'emprunt : très con. Moi j'en veux qui non seulement pourront (comme les vôtres) payer ma retraite, mais en plus il faudra qu'ils poursuivent ma Mission. Si si, vous la
connaissez, celle avec l'île géante, l'avion et le napalm...
5) C'est très bête, mais je suis un indécrottable romantique. Vraiment, pas comme les
abrutis qui s'envoient des petits coeurs pour la Saint Valentin. Pour moi, c'est un sentiment abordé de plein fouet dans des ouvrages tels
qu'Une Vie de Maupassant. Je ne le redéfinirai pas ici, après tout si vous savez lire (prenons ce postulat) vous n'avez qu'à vous sortir un peu les doigts et aller voir par
vous-même. M'enfin, c'était au programme du brevet des collèges ça, si vous étiez un peu attentifs en cours.
6) Mon humour est très cynique, mais vous le saviez déjà. Alors pour le dernier point, au lieu de vous
bassiner avec des banalités, je vais vous révéler une vraie exclusivité connue de très peu de gens. Lorsque je vais dans les toilettes publiques, je n'aime pas me mettre aux
vespasiennes. Pas simplement pour ne pas ridiculiser mes voisins, ni pour éviter de passer pour un prétentieux chez Dany Boon en parlant de
"péniche", mais surtout parce que j'ai pris l'habitude de toujours avoir du papier pour la dernière petite goutte. Je ne sais pas comment font tous les autres mecs, peut-être que Mini-Moi est
moins étanche à la base, haha, mais moi je trouve ça désagréable cette sensation d'humidité qui reste au niveau de sa calvitie. Oh, et tiens, un jour on m'a dit que j'avais pris
"Mini-Moi" comme nom pour l'orteil extensible que j'ai entre les genoux, comme d'autres appellent le leur "Popol" ou "Jean-Édouard". Je m'insurge contre cette idée. "Mini-Moi", c'est un terme
générique, je le prête volontiers aux autres avec des déclinaisons comme "Mini-Toi", "Mini-Lui", "Mini-Elle" (mais là c'est bien moins classieux), parfois "Mini-Eux" selon le contexte,
et même "Mini-Ça" pour certains cas rares de touristes qui reviennent du Brésil. Alors qu'en général, les autres mecs ne prêtent pas leur "Popol" si facilement... Enfin, moi en tout cas, je ne
suis pas intéressé, gardez-le. ;p
Et voilà. Maintenant je refile la corvée à Sopsop, parce qu'elle ne me lit jamais, à Sasho, parce qu'il me lit encore moins, et à HoneY parce que ça lui donnera une occasion de me
pourrir si par malheur elle l'a déjà fait et que j'ai zappé son article, héhé.
[Edit: Il est 8h15, Shadow vient de me tirer du lit pour que je lui ouvre la fenêtre du bas : dehors il neige ! Pourvu que ça tienne un peu.]
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