(per) (Hy - so)

Jeudi 12 mai 2005 4 12 /05 /2005 00:00

Navré, cela ne se fait pas d’ordinaire, mais ceci sera un message très privé pour une personne de mon lectorat discret mais assidu. Vous allez peut-être le prendre pour de la vantardise, mais lorsque je ferai une définition de moins de 300 pages pour le « foutisme » vous comprendrez à quel point en l’occurrence votre avis m’importe peu. J’ai qqc à lui dire, et j’ignore si je saurai être suffisamment précis, mais de part sa nature cet article n’aura pas de commentaires. Pour une fois, je ne me plaindrai pas du taux effarant de participation parmi vous, lectrices et lecteurs, qui atteignez péniblement les 6,67% (j’arrondis pour ne pas perdre mes fidèles superstitieux).

 


Comme je te l’ai dit, je fais souvent cet effet aux gens que je côtoie. Je suis extrême, que ce soit en bien ou en mal (même si je n’ai encore jamais été mauvais sans très bonnes raisons, au moins à mes yeux). Bizarrement j’ai droit à tous les qualificatifs de l’arc-en-ciel des relations humaines, je peux être à la fois plus souple et plus strict que les autres, plus attentionné et plus froid, plus passionné et plus désintéressé, plus gentil et plus violent (mentalement), plus diplomate et plus cynique, plus réconfortant et plus blessant.

Je pense que j’ai développé ça à force d’observation et d’expériences, de tentatives sur les autres mais surtout sur moi-même. Face à qqn, je m’adapte en permanence pour lui refléter le moi qui lui plaira le plus – sans jamais mentir ni tricher en jouant un rôle – mais disons que cela n’est qu’une des facettes de ma personnalité. C’est exactement pour cette raison que mes amis sont rarement miscibles entre eux, alors que je m’entends avec tout le monde dès lors que je sors de ma coquille.

Nous ne sommes pas ici pour moi, mais pour toi. Ce que j’essaie de t’expliquer, c’est que bien souvent je montre la voie aux autres parce qu’à un moment donné, soit ils tomberont sur moi alors qu’ils traversent une épreuve, soit je leur dirai qqc qui déclanchera en eux une réflexion nouvelle, mais en tous les cas ils seront dans une situation similaire à ce que j’aurais pu vivre, et sur quoi j’ai déjà un avis bien tranché. Pas forcément le meilleur qui soit, mais en tout cas bien assez éprouvé pour convaincre, assez logique pour persuader.

A cause de cela, ils se reposent vite sur moi. Je peux servir de guide, de conseiller, comme tu veux, mais d’un coup j’atteins une autre dimension dans leur esprit : je deviens une réponse.

Bien entendu, j’en suis fier, cela fait toujours plaisir de servir de modèle et j’adore aider mes proches. Servir à résoudre les pb des autres a son petit côté jouissif et égoïste qui permet de satisfaire 2 personnes pour le prix d’une, alors pourquoi se priver. Je sers de banque, de confident, d’intermédiaire, de référence même parfois, et je dois souvent lutter contre le côté grisant de cette petite puissance que cela me confère, cette facilité à écraser les autres pour imposer ma personnalité. Pour l’instant je gère plutôt bien, je n’ai encore aucun suicide parmi mes brebis.

Mais tu dois avant tout développer la confiance en toi qui te manque. Te persuader que ton avis n’est pas négligeable. Si je peux t’y aider, j’en serai flatté et je te servirai volontiers de tuteur. Mais si je plaisante sur mon complexe de supériorité, ce n’est pas pour rien. La méthode Coué, c’est comme les placebos, cela fait intervenir qqc en toi que l’on ne maîtrise pas toujours consciemment, mais qui te rend autonome. Et ça, c’est primordial.

Tout le monde s’accorde pour affirmer, dès les premières vicissitudes de la Vie, que l’on ne peut compter que sur soi-même. Je ne suis pas exactement d’accord avec ça, mais les exceptions sont si rares que des scientifiques les considéreraient comme quantité négligeable, un epsilon qui peut être déjà bien fier d’avoir voix au chapitre. Cependant, pour réaliser ce petit prodige d’isolement sans abandonner au bout de 2 minutes ni devenir complètement paranoïaque, il faut un ingrédient qui n’apparaît pas dans la recette : déjà se connaître, s’estimer et se respecter soi-même !

En tout humilité, je dois dire que je le fais, vraiment, et je pense qu’au fond c’est surtout cela qui impressionne, qui me donne l’avantage lors des rapports de force. Alors on essaie de m’imiter, on projette sur moi ses problèmes et on les considère sous un jour nouveau, à la lueur d’une possible issue favorable. Mais les projections, c’est très dangereux. Je ne détiens pas LA solution. En sciences, il y a un concept qui me tient tout particulièrement à cœur : une théorie n’est jamais juste, elle se contente de rester valide tant que personne n’a pu démontrer qu’elle était fausse.

C’est le principe de base de mon petit cortex déjanté, à égalité avec le foutisme. Grâce à cela, je peux à tout moment me remettre en cause, et prendre cette distance tant nécessaire à mieux voir ses soucis d’un œil neuf et plus objectif.

Pour conclure, l’idée de départ était la suivante : je t’apprécie beaucoup, et malgré ce que tu crois on aura largement l’occasion de se revoir. Cherche bien les raisons qui t’ont poussées à m’appeler ce soir, les vraies. Vérifie que tu n’as pas simplement sauté sur la plus évidente, pratique ou facile. Demande-toi bien si c’est moi personnellement qui suis concerné, ou si je n’ai fait que correspondre à cet instant à une réponse que tu ne trouvais pas ailleurs. Si là je viens de te faire douter, tu es sur la bonne voie, cela veut dire que tu cherches la vérité et non ce que maintenant tu voudrais entendre. Cela peut prendre du temps pour que tout sois clair pour toi (il faut bien commencer quelque part), mais en tous les cas, je serai toujours là, pas loin, dans ta tête ou même en vrai. Je pense que tu sais déjà que je suis toujours disponible pour les autres, toujours, alors même si tu lis ici qu’untel me gave ou que l’autre va finir par la fenêtre ou que j’ai enfin mis la main sur ce stock de napalm dont je fantasme depuis des années, n’hésite pas à m’appeler. Ne regarde pas trop près dans le futur (moi je vis dans le présent instantanné), la vie est longue, et entre-temps on a le téléphone et le mail ;-)

 


Si vous partagez mon avis ou non, si cela peut vous aider ou si vous trouvez ça con, finalement je suis assez content de mon post, il reflète bien ce que je voulais dire, alors je laisse les commentaires ouverts. Sait-on jamais, des fois que vous ayez qqc à dire malgré la longueur du sujet… Ne cherchez pas à comprendre pourquoi j’en parle, vous seriez encore fichus de vous tromper, alors limitons le débat à la valeur de mes idées svp.

Je me sens vieux...

Par Natord - Publié dans : (per) (Hy - so)
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Jeudi 12 mai 2005 4 12 /05 /2005 00:00

Trop cool, je découvre un nouveau moyen de se pourrir le moral même quand tout le monde dort : les blogs des autres ! Au départ, je prenais ça pour un divertissement qui en cadeau bonus permettait de découvrir et éventuellement apprécier de nouvelles personnes. C’était oublier qu’eux aussi ont leurs petits problèmes, qu’avec le temps on s’attache, on se sent plus concerné, et que certains poussent le vice jusqu’à se liguer contre vous alors que pourtant vous aviez votre petit plan égoïste tout seul dans votre coin, histoire d’être certain de le rendre inruinable ( /! néologisme /!

Remerciez donc Aya (plus que 10 jours, allez, c’est riiieeeennnn) pour son super aveu quand à ses nouveaux pouvoirs de super-madeleine, et BanZZai pour son super article pro-authanasie, sans eux vous auriez pu vous passer de ce qui suit et moi j’aurais pu dormir au lieu d’arriver tout à l’heure comme un vampire desséché à l’aéroport.

 

Voici la phrase de BanZZai sur laquelle j’aimerais revenir :
« En fait, quand je veux me foutre en l'air, l'idée qu'enfin on va donner l'impression d'éprouver quelque chose pour moi m'est d'un grand réconfort.  »

 

Réalises-tu à quel point le seul syntagme véridique dans ta phrase est « donner l’impression » ?

Heureusement pour toi, tu as moins d’expérience que moi en matière d’enterrements. Je te souhaite de rester loin derrière encore longtemps.

Mais je dois te détromper tout de suite, si au moins ça peut t’enlever une motivation pour te « foutre en l’air » : ton enterrement, les gens s’en cognent d’une force dont tu n’as pas idée. Je ne te parle pas des clichés, de ceux qui sont là plus ou moins par obligation, collègues ou autres, et qui vont bailler ou regarder leur montre 15 fois par minute. Ceux-là, au moins, ils sont francs, ils t’offrent leur front pour y loger tout de suite une balle, tu sais avec qui tu es.

Non, moi je parle des autres, de ceux qui sont là parce qu’ils ont décidé de venir, de ceux même qui sur le coup penseront peut-être bien faire, voilà les connards en puissance. J’étais déjà très solitaire et désabusé, mais ce sont eux qui m’ont véritablement appris le sens du mot « hypocrite », sens que jusqu’à présent on n’a fait que me confirmer.

 

Pour ne prendre qu’un seul de ces enterrements où j’ai échoué, je vais brièvement te parler de celui de mon père.

Tu parles d’euthanasie… Il est mort 9 jours après celui de ma naissance, pour fêter mon entrée en sixième. C’était ça, mon cadeau d’anniversaire pour mes 11 ans. C’était aussi la dernière fois pendant plus de 10 ans où j’ai ressenti de la peine, quant aux autres sentiments, même maintenant je me pose parfois la question de savoir si je les invente ou si je les ressens vraiment.

Mon habitude des nuits blanches remonte à cette période, ma fantastique année de CM2 passée toute entière à arriver en retard à l’école et à supporter sans broncher les remontrances de ma prof, qui gueulait pour 5 minutes de dépassement alors que je m’en foutais, j’étais largement premier de classe, et ça tout le monde le savait. Ce qu’elle ne savait pas, c’était que je m’étais encore couché après 1h du matin, la peur au ventre, et que je me réveillais avec les premiers rayons de soleil pour aller vérifier que mon père respirait encore. Le temps est une notion si subjective…

Il avait un cancer du foie. Mais allez savoir pourquoi, il avait cette petite fierté mal placée des hommes pour qui les médecins sont tous des cons, et ce n’était pas si urgent de soigner ça. Je ne l’ai appris que lorsque c’est devenu un cancer généralisé, donc là incurable. A partir de là, l’année et demi qui a suivi je savais enfin pourquoi mes parents passaient leur temps à s’engueuler, pourquoi j’allais chercher sans cesse des mouchoirs pour ma mère, pourquoi je me sentais si différent de ces enfants avec frères sœurs et chihuahua.

Le plus chouette c’était les visites à l’hôpital pour les chimios. Je restais seul planté devant un énorme aquarium d’eau salée, à attendre qu’ils aient fini leurs « affaires d’adultes ». Mais tandis que tout le monde pensait que j’avais donné des noms aux poissons et que je leur parlais, moi je récitais par cœur ce que j’avais lu dans mon encyclopédie (cadeau pour mes 10 ans, début d’une longue passion pour les dicos) sur le cancer. Tous les types de cancers. Et comme j’étais un enfant, je ne pouvais pas comprendre bien sûr, alors on me racontait des conneries.

Putain, si vous avez des enfants, arrêtez de les sous-estimer. C’est bien plus futé que vous ne le pensez, c’est hyper sensible, et ça déborde d’imagination.

Le 22 novembre 92, il a eu un malaise dans les toilettes. Bien sûr, la pièce la plus inaccessible de tout l’appartement. En aidant ma mère à l’en sortir et le déplacer jusqu’au lit, je me suis écrasé une vertèbre, ça aussi ça me fait un chouette souvenir. Puis elle m’a envoyé téléphoner à une amie à elle, et le temps que je revienne dans la chambre c’était fini.

A l’enterrement donc, il y avait plein de peuple. Oh, c’était impressionnant, vu du dehors on aurait cru que tout l’ONU et l’OMS était là, et que nous avions au moins le quart en plus de tous ces gens qui étaient des amis de la famille. Belle cérémonie, touchante sans doute. Je l’ignore, j’étais dehors.

Mon père avait voulu être incinéré. J’ai eu avant l’opportunité indécente de « le revoir une dernière fois », vous savez, grâce à ces petites fées du maquillage qui rendent un air joyeux à un homme qui a mis 2 ans à crever. Maman ne voulait pas, elle préférait que je garde un « bon souvenir », mais vu mes souvenirs, cela ne pouvait pas être pire. Un de plus ou de moins…

Pour l’incinération, le cercueil passe dans un tunnel. Le bon goût et l’extrême coquetterie des organisateurs veulent, comme si l’on devait le mettre en terre, que l’on réunisse la plèbe devant le petit tapis roulant final, sans doute pour être bien certains que personne ne jaillisse de la boîte. Je suis sorti, ils ne méritaient pas de me voir pleurer alors que je voulais les vomir. Une intuition de gosse, peut-être, le dégoût de voir tant d’étrangers me dire « je comprends ton chagrin » ou « nous avons mal avec toi », assurément.

Je ne présente plus mes condoléances. Jamais pour les proches, ça c’est bon pour les obligations de politesse. Dites à ceux que vous aimez que vous êtes là, avec eux, qu’ils ne sont pas seuls, mais seulement si vous le pensez. Vous n’avez pas à vous plaindre de souffrir si vous êtes éloignés du défunt, rien que par respect pour sa famille. Vous n’avez pas à « comprendre » les autres, de toute façon chaque situation est différente, les liens sont différents, les vécus sont différents. Comprendre ce que ressentent les autres, c’est se foutre de leur gueule, tout au plus on peut avoir une idée d’après ses expériences personnelles, et si c’est le cas on sait pertinemment qu’ils ont besoin de qqn de fort sur qui se reposer, et pas une geignarde de plus.

Un mois. C’est le délai qui fut nécessaire pour savoir qui étaient des amis de mes parents et qui ne faisait que de la figuration. Et parmi les figurants, j’ai même eu la joie d’inscrire mes oncle et tantes paternels. La liste des gens chez qui nous allions et que nous recevions à la maison a fondu comme neige au soleil. Soudain, ma mère n’était plus un couple, mais une femme seule. Dangereux ça, pour les ménages. Pourtant, ma mère, pour qqn qui la connaîtrait un minimum…

 

Tout ça pour dire que parmi cette foule de gens en larmes, seule une proportion dérisoire a continué à faire partie de mon paysage. La plupart des autres a simplement disparu le jour de l’enterrement. Ceux qui sont restés étaient déjà des amis, ils se sont contentés de le confirmer. Pour cela, il n’y a pas besoin d’une mort, je connais plein d’autres moyens de montrer à qqn qu’on l’apprécie. Alors si tu crois que cela te réconforterait de voir ces gens à ton enterrement, laisse-moi te dire que les seuls qui seront sincères, tu les as déjà, là sous la main. Profite d’eux tant que tu peux, au contraire ! Dis-leur que tu les aimes. La mort est la seule chose réellement définitive ici bas.

 

Un détail qui me revient, une petite anecdote sur ma « première fois ». Il faut savoir que le cimetière de Genève est à 300m de l’école où j’ai fait mon collège et mon lycée. Et le plus fun, c’est que ce cimetière est immense, alors pour l’entraînement de cross on allait courir tout autour. Je n’étais déjà pas fan de gym…

Un jour un pauvre abruti a remarqué que je ne me contentais pas de courir comme une larve de palmier, mais en plus je ne semblais pas afficher toute la joie que requérait cet exercice.

Cette sous-merde m’avait sorti texto « c’est pas parce que c’est ici qu’on a cramé ton père qu’il faut faire la gueule tout le temps ! » Lui aussi, il a fini a l’hôpital, pourtant je n’avais pas à l’époque mes moyens de riposte actuels. C’était mon premier, son visage était si gonflé que sa mère ne l’a pas reconnu. Et puis il s’est fait virer de l’école, en prime.

Par Natord - Publié dans : (per) (Hy - so)
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Mardi 14 juin 2005 2 14 /06 /2005 00:00

Mouahahahaha, enfin, je l'ai fait !

 

CAPILLOGRAPHIE

 

Lassé d'attendre vos dessins de dragons (aucun reçu à ce jour, je ne vous félicite pas !) j'ai dû me résoudre à en faire un moi-même, à la patte. Et pouf, à croire que je n'avais pas assez d'occupations pour aujourd'hui, je viens de m'accorder 30 minutes pour réaliser mon chef-d'oeuvre. Dû à son caractère potentiellement très choquant, je ne l'ai pas mis sur la page, mais vous n'avez qu'à cliquer dessus pour l'atteindre. J'attends vos commentaires avec impatience, si si, même ceux où vous crierez "Bah, mais c'est ignoble, tu t'es fait greffer une moquette sur le buste". J'm'en fous, figurez-vous, j'adore mon pelage. Si vous voulez le même, c'est le fruit de 5 ans à se balader à oualpé même en hiver, toujours en T-shirt dehors. Le corps évolue, que voulez-vous, je n'y peux rien moi ;-D

 

,,,^.^,,,

 

Hahaha, je viens de faire une rapide recherche sur Google pour voir ce qu'il référence sous "capillographie", et je constate qu'en plus de moi, il y a des Allemands qui utilisent ce terme ! En gros, c'est comme les tableaux en poils de chiens collés, mais avec des poils d'hommes. Quand je vous dit que c'est de l'art...

Par Natord - Publié dans : (per) (Hy - so)
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Vendredi 22 juillet 2005 5 22 /07 /2005 00:00

 

Voilà, alors ça c'est un peu un private post, désolé, mais ça m'a fait trop trop trop plaisir ce tag.

Il me vient de ma Loutre :

 

Alors voilà, c'est officiel, je suis devenu grand frère à 23 ans, et j'ai donc une petite soeur !!!

C'est drôle, je n'en aurais même pas rêvé, biologiquement.

Et pourtant, ça rend si heureux !

Par Natord - Publié dans : (per) (Hy - so)
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Vendredi 12 août 2005 5 12 /08 /2005 00:00
Par Natord - Publié dans : (per) (Hy - so)
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Lundi 15 août 2005 1 15 /08 /2005 00:00
Souvent lorsque l'on rencontre une nouvelle personne, faute de savoir de quoi parler on s'abaisse aux pires banalités, comme lui demander ce qu'elle aime ou écoute comme musique. Non, ce n'est pas pareil, par exemple j'adore les musiques celtiques et pourtant je n'en écoute jamais de mon propre chef.
 
 
Ainsi je me retrouve parfois à devoir répondre à cette embarrassante question. Après les réactions spontanées usuelles, tel le fameux "Mais c'est privé ça !" tiré d'un ton outré, je me retrouve donc face à moi-même, cherchant désespérément une réponse facile et stéréotypée. J'écoute de tous les types de musique (les beuglements arabo-indiens n'étant pas considérés comme de la musique) sans pour autant attacher une grande importance aux oeuvres de tel ou tel interprête, donc ma réponse sera fonction des derniers morceaux entendus à la radio ou dans mon mange-disques à monture azimutale et lumière froide. Mais si, vous le connaissez, il est là en haut du petit sur-meuble de mon bureau, mon Pioneer adoré avec ses écrans bleus que ces petits salopiauds de tuners de gnoleba m'ont repris pour frimer, sobre et puissant, kil est bôôôôôô mon Pioneeeeeeeeeer... hum, pardon, je m'égare.
 
Bêtement, donc, je sombre généralement dans le stéréotypé afin d'éviter d'entendre des réflexions comme "Mc Hammer ? C'est qui ?", ce à quoi j'ai eu droit il y a moins d'une semaine encore alors que pour moi, si je connais ça signifie que c'est super connu, m'enfin passons.
 
Mais en réalité, si j'ai Nickelback, Avril Lavigne, Eminem et Louise Attaque pour chanter à tue-tête, de la Dance de '96 pour me réveiller le matin, Cannibal Corpse et Slipknot pour être tranquille, des compil de Jazz pour me réconcilier avec mes voisins qui ont dépassé la date de péremption et les concertos de Menuhin, Bernstein et von Karajan pour faire plaisir à Maman, tout ça n'est que la couche externe de mes goûts. La partie "sociale" qui sert d'interface Homme/Vermi. Un peu comme ces presque 7 ans de cours de piano avec concerts donnés au conservatoire où je n'ai pu faire que du Bach car compositeur favori de mon prof, alors que bon, Bach, moi... je m'en proute un peu !
 
 
Ce qui me fait vibrer, celui qui me parle vraiment, c'est Chopin. Le reste, c'est une forme de compagnie quand je suis à la maison, une présence, une habitude.
Alors lorsque je me promenais à St Raphaël et que pour tuer le temps je suis entré chez un disquaire, je m'attendais à en faire le tour en 3 minutes, pour le principe, en ressortant blasé de voir à quel prix exorbitant ils vendent leur bruit. Et puis dans le bac des promos, je suis tombé sur le deuxième album de Louise Attaque justement, pour 6 €. Aussi incroyable que cela paraisse, je ne l'avais pas encore ; pourtant j'ai même Du Nord au Sud en édition collector.
Bon signe ça, on va aller au bout tiens. Dans ma tête, il y a "J'ai 15 € à fusiller, encore 9 € maxi". Et là, j'ai été pris par surprise. C'est un peu complexe, mais concrètement ça signifie qu'on m'a pris par-dessus la prise déjà ferrée. Un peu comme l'ordre des rayons dans un supermarché, tu rentres "pour regarder", mais si une promo te délie la bourse (c'est d'ailleurs la raison biologique des fameux carnages financiers que font les filles dans leurs magasins favoris, tantqu'elles n'ont pas eu leur ligature des trompes) tu es perdu, car tu sais que tu iras bien jusqu'au fond pour vérifier si tu ne peux pas dépenser encore un peu d'argent que tu n'as pas.
 
Bref, nous en arrivons enfin au titre de l'article. Youhou, y a encore qqn ? Ohéééé... Bon, tant pis, je continue pour le principe, maintenant que j'y suis. Avec mes 9 € restants, j'ai fait une folie et je me suis offert le dernier récital d'Hélène Grimaud pour 23 €. Son choix s'est arrêté sur Chopin et Rachmaninov. Vous la connaissez tous, vous avez tous lu Variations Sauvages, alors au lieu de vous la présenter je la laisserai s'introduire elle-même. Comme les RadioBlog c'est devenu bâtard, tout le monde en a, moi je vous mets des vidéos en streaming ;P
 
 
 
 
 
 
  
En lisant le petit livret du CD, j'ai été complètement bluffé par sa perception des morceaux choisis. Jamais encore je n'avais lu de qqn les mots qui correspondent à ma vision de la musique, la vraie, celle où je me suis réfugié pendant si longtemps. Comme si je me retrouvais mis à nu devant ces quelques lignes d'Hélène Grimaud, la clef de tout mon être étant simplement écrite là. Tout le reste en découlant je n'aurais rien à dire et pourtant elle aurait déjà tout compris, tout senti. J'essaie de relativiser, de tenir compte du fait que mon humeur actuelle se prête peut-être trop à cette coïncidence, mais là, d'un coup, je me sens moins seul sur votre planète.
 
 
Citations :
 
La mort, nul ne l'ignore, est au coeur de la vie. Il n'y a que l'amour pour permettre à la conscience de s'en emparer et, après en avoir souffert, de s'en délivrer. Chacun à sa manière, Chopin et Rachmaninov ont médité ce mystère sans fond que la musique transfigure.
Il n'est de définitif que la mort ; et, par un paradoxe saisissant, seule la mort permet à l'esprit de rejoindre ce point si central où la vie retrouve son urgence. Cette urgence, Chopin et Rachmaninov l'ont expérimentée à l'extrême, à travers ces oeuvres ouvertes à l'infini que sont leur Deuxième Sonate : des messes des morts, dites par l'amour pour toux ceux qui aiment.
 
Ce qui fait la beauté de ces pages ?
D'abord le fait que l'ont croirait entendre les compositeurs chanter leur douleur depuis ailleurs ; ils ne chantent pas seulement la mort d'êtres qui leur étaient proches, ni la leur propre, ils offrent un asile à la pensée de toute l'humanité qui meurt : ils savent que la vérité de la musique, à l'image de celle de l'existence, n'est pas de simuler le bonheur, mais de cerner d'un trait de feu sa tragédie. Ainsi la promesse d'une réconciliation se dispute-t-elle l'espace et la durée avec un espoir étincelant.
 
L'accord dissonant de la douleur et de la vie, la mort l'a posé, et il n'y a que la mort pour le résoudre. Cette révélation, la Sonate funèbre de Chopin comme la Deuxième Sonate de Rachmaninov la rendent sensible : voilà des messes de la tendresse, à l'autel de la mort, dans la chapelle la plus intérieure. L'âme du véritable amour s'y découvre, puisque c'est l'amour qui fait la grande douleur. De celui qui n'est plus, le coeur ne sait rien, sinon qu'il se répète : "Il était" et "Il n'est plus".
 
Ce que chante alors leur musique ?
La tristesse ineffable : l'être aimé est un mot que la passion inscrit et que le hasard efface ; une espérance forcenée : ceux qui meurent n'ont pas vécu en vain, ils ne s'effacent en eux-même que pour revivre au corps de l'esprit éternel ; un appel, enfin : parcourant tout l'espace du sentiment, Chopin et Rachmaninov nous engagent à aimer la vie, à l'excès dans autrui ; à nous mettre en quête d'un salut, s'il en est un ; à faire de nous-même des êtres neufs, qu'un nouvel amour perpétue. La mort, en grec, c'est "le Destin", la part individuelle que chacun reçoit "en partage" ; la mort est ainsi à la fois un héritage et une projection -- la signature de notre destin personnel, mais aussi ce qui nous unit aux autres. Ce qui signifie que nous ne sommes réellement humains que dans un face-à-face avec le destin, mais aussi dans la piété devant la mort d'autrui. Inutile de fuir la mort -- inexorable par définition ; ce qui importe, c'est de soutenir le défi qu'elle lance, en vivant la vie à l'extrême.
 
Ce que propose leur musique à notre peine ?
Leur harmonie est si précaire, aux limites de la dissonance, qui évoque le divorce de la douleur et de l'existance, est le signe d'un cri qui a trouvé son rythme ; elle prépare à la mort, mais en préserve. Car enfin ces musiques disent autant la mort qu'elles ouvrent nos yeux sur une éternité intérieure. Elles convertissent l'angoisse en une espérance, elles transfigurent notre vision de la douleur, elles nous offrent la chance d'une réconciliation. Ainsi ne perpétuent-elles pas le deuil, mais entreprennent sa délivrance. Dans la venue de celle-ci, la mort apparaît soudain comme l'envers d'une musique de plus haute essence.
Par Natord - Publié dans : (per) (Hy - so)
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Vendredi 2 septembre 2005 5 02 /09 /2005 00:00

Tu voulais que je lui parle de toi. Alors tout en finesse, en lui faisant la bise je lui demande "BIIIP va bien" ? Et là, tout le monde se retrouve par terre à chercher ce qui s'est passé, parce qu'elle me répond instantanément "Oui, merci, c'est gentil de demander" !!!

Nous sommes tous restés très bêtes, personne n'osant me demander comment je te connaissais, et moi je restais bluffé par sa spontanéité. Si elle venait de mentir en sortant n'importe quoi pour me casser, aussi vite et bien, j'avais trouvé mon égal. Enfin, je ne sais plus comment mais on a vite changé de sujet, et plus tard j'ai compris qu'elle a un frère qui a le même prénom que toi ! Alors voilà, au final on a peu parlé, pas en tête à tête donc je n'ai pas pris son numéro, je ne lui ai pas donné ma carte, mais elle sera à la fac toute l'année, alors même si je foire mes examens j'y irai au moins pour le permis de conduire, je la croiserai un jour par hasard, je lui donnerai ma carte, et tu la reverras... un jour...

 

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Mercredi soir, des collègues femelles ayant déjà acheté de la nourriture pour l'anniversaire qui a été décallé, nous avions décidé de tout de même se faire une sortie plage. Je prépare une salade de riz géante, avec n'importe quoi, genre des petits pois, du maïs, des cubes de jambon, et même un peu de riz. Ma touche perso, des morceaux d'ananas pour ne pas mourir étouffés. Alors que le mélange refroidissais gentiment, j'ai eu un méga doute existentiel : la sortie est organisée avec des filles, DONC qqc va foirer et DONC les participants vont me claquer dans les mains.

Exactement le genre de situation qui m'insupporte, parce qu'une fille ne vient pas, ça fait boule de neige, il y en a encore une ou deux qui se désistent, et quand les mecs apprennent qu'il n'y a pas de fille mignonne finalement ils ne peuvent plus venir, mystérieusement. Enfin, ça ne m'étonne plus, mais j'ai tout de même pris la précaution de téléphoner. Bingo, 3 filles ne viennent plus, celles qui avaient de la nourriture à utiliser et donc pour qui j'ai organisé cette contre-fête.

 

Bon, je ne vais pas partir avec 5 kilos de salade de riz, alors on reprend tout à zéro. Trois millions de coups de fil plus tard, dont les 2/3 à parler à des répondeurs, la soirée est sauvée. Nous serons 6, deux couples mon homonyme Bulg et moi.

Celui du fond là, qui vient de dire "Mais ça fait 3 couples !" tu sors.

Soirée très sympa vu comment elle était partie. La tarte aux framboises en dessert a un peu ranimé mes zombies, et nous nous sommes quittés vers 23h. Je marche lentement, un goût amère dans la bouche. Ce n'est pas fini, ça ne peut pas être fini. Il est 23h30, je suis à la place Garibaldi, mon téléphone sonne.

C'est elle.

Une part de tarte reste toute seule à s'ennuyer, sans estomac pour l'accueillir. Je fais demi-tour, 20 minutes après je suis chez elle. On a parlé jusqu'à 2h, puis il a bien fallu que je rentre.

 

Ce soir, retour chez elle pour son repas d'adieux à Nice (encore une qui part pour Paris). 10 personnes, en comptant son frère qui a disparu presque toute la soirée pour préparer son sac (lui aussi s'en va demain, c'est une manie). C'était très sympa, j'ai mis du temps à me mettre dans l'ambiance car j'étais un peu parachuté dans le groupe, mais heureusement il y avait Sophie, un clône de la Jeanne de Daria (ce qui tombe plutôt bien, vu que Daria, c'est moi) et donc j'ai pu discuter un peu avec qqn dès le début.

Le soucis, c'est qu'elle ne voulait pas d'adieux larmoyants. Et toutes ces filles que je ne connais pas (je me suis vite retrouvé seul avec 6 filles, oui, je devrais remercier le ciel, mais non, pas ce soir), cela m'a un peu forcé à faire le mec normal, donc sans incendier personne ni faire de blague vaseuse, le gros défi.

Bref, toute la journée je me suis préparé psychologiquement pour ce soir. Ne pas être naturel. Ne pas se lâcher. Ne pas se relâcher (non, ce n'est pas du mazout).

Je suis reparti de là comme une merde. A minuit vingt déjà, alors que pour moi toutes les fêtes commencent à 1h30 puisque je ne suis pas réveillé avant, donc presque une punition. Puis le grand moment d'intimité de 3 minutes dans l'entrée. Je crois que j'ai montré plus de sentiments débordants en partant de chez Croate à Breil, alors que je vais passer plein de week-ends chez lui. J'étais minable, je ne lui ai rien dit de gentil ou d'affectueux ou de triste, fatigué d'avoir transpiré toute la soirée dans un appart trop chaud alors que j'étais en pantalon et en chemise à manche longues ; j'avais cette fabuleuse sensation de puer à des kilomètres.

On s'est dit au revoir. On s'est fait la bise. J'ai sorti les banalités d'usage, "Amuse-toi bien à Paris et ne fais pas trop de bêtises", le TALC que je sors à tout le monde pour toute occasion.

Je le savais depuis longtemps, depuis plus d'un an en fait, et ça s'est réalisé. Je peux faire des câlins à n'importe qui, j'ai déjà dansé des slows avec des mecs juste pour le délire, et elle, en 3 ans, pas une fois je n'ai pu la prendre dans mes bras. Elle n'est pas tactile. Ouais.

 

Ben voilà, toujours est-il que c'est fini. J'ai mis 24h à me refermer comme une huître, pourtant j'étais déjà sevré, mais maintenant j'ai un sentiment de frustration incroyable.

Guérir, ce n'était pas un problème. Juste une question de temps, puisque j'avais dès le départ intégré l'impossibilité d'une réalisation quelconque, et j'étais passé outre. Mais là, beaucoup de choses redeviennent dérisoires. Les petits noms affectueux, les "gros câlins virtuels" et autres futilités de pauvre ado pas encore entamé, put***, mais ça sert à quoi ? A se sentir bien une fraction de secondes ? A faire le mec gentil ou attentionné ? Ouais, au mieux t'as un sourire, le tien. C'est vraiment ridicule...

 

Je pars pour 3 jours entouré exclusivement d'inconnus, dans une réunion où l'on va parler politique donc rien de plus impersonnel, puis deux semaines d'examens à ne voir personne. Hummm, je le sens bien ce mois de septembre, m'ouvrir aux autres, donner de l'empathie, être de bonne compagnie...

 

P.S. : J'en ai marre de tous ces posts sombres et sans contenu intéressant pour vous,
alors dimanche soir en rentrant je prendrai quelques minutes pour vous mettre qqc en ligne
d'un minimum drôle, histoire de satisfaire mon côté hypocrite et manipulateur qui tente de
me convaincre que votre joy-o-meter m'importe.

Par Natord - Publié dans : (per) (Hy - so)
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Muchi muchi

  • verminatord
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